Le mythe du coche, du cocher et du cheval

Le mythe du coche, du cocher et du cheval est une métaphore qui représente notre personnalité et sa variabilité d’humeur et de décisions. Il a été décrit par Platon (Phèdre), par les textes sacrés de l’Inde (Upanishads) et ensuite repris par d’autres auteurs. C’est ainsi qu’il s’est transmis jusqu’à nous. Il nous indique comment dépasser nos conflits et nos malaises.

Le mythe du coche, du cheval et du cocher

Le mythe du coche, du cocher et du cheval

Ainsi, la métaphore nous décrit comme une calèche ou un coche dont les différents composants sont une partie de nous. Et c’est simple à retenir. Car le coche serait notre corps physique, le cheval notre monde sensible et émotionnel, le cocher notre mental. Ce coche circule sur un chemin qui représente le chemin de notre vie.

  • Le chemin est tantôt une voie large, toute droite et sans encombre. Mais il est parfois caillouteux, bifurquant souvent, avec des « nids de poule », des bosses, des ornières et des fossés. Parfois des virages plus ou moins marqués sont à prendre en évitant l’embardée. Parfois, des carrefours ne sont pas bien balisés et il n’est pas facile de trouver la bonne direction. Et des conditions météo facilitent ou non la visibilité: brouillard, soleil, éclair, orages…
  • Quant au coche, il représenterait notre corps physique avec ses quatre roues comme nos quatre membres. Or, s’il n’est pas entretenu avec proportion et régulièrement, il ne nous mènera pas très loin. L’idée n’est pas difficile à comprendre!
  • Le cocher désignerait notre mental, celui qui conduit le coche, gère la vitesse, les aléas et le plan de route. Or, il est souvent « absent » ou à moitié endormi car de nombreuses pensées et divagations l’habitent.
  • Enfin, le cheval correspondrait à nos sens et nos émotions. Comme on le devine, il est tantôt fougueux et tantôt placide. Une simple mouche peut modifier totalement son état. Et il se peut qu’à cet instant justement, le cocher soit à moitié endormi.

Ainsi, la moindre vigilance du cocher va amener le coche à dévier vers une ornière, sur un trou, voire sur la mauvaise bifurcation. Et, si le cocher ne tient pas bien les rênes, c’est le cheval (sens et émotions) qui va tirer le coche, parfois dans un emballement total.

Qui est ce passager qu’on ne voit pas?

D’après cette métaphore, le problème que rencontrerait l’homme, est qu’il croit être le maître à bord. Car il pense que c’est son intellect qui dirige sa vie et décide de ses choix.

Or, un passager invisible occupe la calèche. Quelque soit les textes, ce passager correspondrait à un « moi profond », avec qui nous aurions perdu le contact. Ainsi, cette métaphore nous invite à reprendre contact avec ce « moi profond », qui deviendrait alors notre guide.

Or, si ce « moi profond » était tout simplement un acte d’attention au présent? Qui nous re-connecterait tout simplement à ce que nous faisons et vivons dans l’instant.

Le mythe du coche et les neurosciences cognitives

Dans son livre Le cerveau funambule, Jean-Philippe Lachaux* nous indique que nous connaissons tous des troubles de l’attention qui sont sources de déphasage, de stress ou conflits intérieurs. L’acte d’attention (perception-action) fait partie de ce qu’il appelle la « micro cognition ». C’est à dire « l’étude des processus neuronaux à une échelle temporelle très fine, de l’ordre du dixième de seconde, en revenant aux composantes les plus élémentaires de nos automatismes sensoriels, moteurs, cognitifs et émotionnels ». De fait, « la micro cognition désigne l’enchaînement perpétuel de nos perceptions et de nos actions ».

Et ceci explique, d’après ses recherches, « une lutte d’influence constante dans le cerveau à chaque cycle de perception-action, pour décider de l’action qui va être menée ». Du coup, nous sommes soumis à des:

  • Oublis temporaires de ce que nous voulions faire au départ
  • « Distractions » de notre attention: émotionnelles (le cheval) mentales (le cocher)
  • Mouvements ou attitudes (le coche) qui changent de direction.

Pour aller plus loin: Se reconnecter à soi-même par l’attention

*Jean-Philippe Lachaux est directeur de recherches en neurosciences cognitives au sein de l’unité Inserm « Dynamique cérébrale et cognition, à Lyon. Auteur de plusieurs ouvrages sur l’attention.

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2 commentaires sur “Le mythe du coche, du cocher et du cheval

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